Opodo




The Smallers

Voyager avec ses enfants: Afrique – Ethiopie (Addis Abeba, lac Tana, Harar, région des Nations)

Mathilde (16 ans), Saoirse (14 ans), Lucrèce (11 ans), Phelim(8 ans), Lorcan (5 ans)
et leurs parents en Éthiopie

Plus qu’un voyage, une aventure en famille pour voyageurs aguerris! Berceau de l’humanité et de notre ancêtre Lucy, Abyssinie de Rimbaud, le pays de la reine de Saba est riche d’une histoire plus que millénaire… mais sans infrastructure touristique!

Ce mini-guide sur l’Éthiopie en famille a été rédigé grâce aux conseils d’une famille qui vit sur place. A partir de leur expérience, voici 3 propositions de circuits différents à faire à partir d’Addis Abeba, où arrivent les vols internationaux pour l’Éthiopie.
Et plein de bons conseils pour préparer et réussir votre séjour en Éthiopie avec les enfants: nourriture , meilleure saison, durée idéale du séjour, transports, santé et valises!

1. Circuit de la route historique du NORD, 2 semaines

2. Circuit du SUD (région des Nations et Nationalités du Sud), 2 semaines

3. Circuit de l’EST (Harar), 10 jours

1. Circuit de la route historique du NORD, 2 semaines

Étapes (voir carte): Lalibela, Bahar Dar et le lac Tana, Gondar et Axoum

Addis-Lalibela = 672 km, en avion (en voiture, 2 jours de petites routes de montagne, à éviter avec des enfants)
Lalibela-Baher Dar = 308 km, 8h de route minimum
Baher Dar-Gondar/Axoum = 176 km, 4h de route

Ce qu’on a aimé faire avec les enfants, nos endroits préférés

Découvrir le monastère de Narga Sélassié, sur une île au milieu du lac Tana. C’est surtout la beauté du site géographique qui est saisissante: il faut deux heures de barque à moteur pour y arriver, mais le trajet en vaut la peine. Il y a très peu de visiteurs et le site lui-même est exceptionnel et dépaysant. C’est aussi un des rares monastères orthodoxes où les femmes sont admises.

Voir des hippopotames et se promener en bateau à l’embouchure du lac Tana, source même du Nil Bleu. Les chutes du Nil Bleu ne sont plus ce qu’elles étaient à cause du barrage construit à proximité, on y va surtout pour leur intérêt historique.

Admirer les églises creusées dans la roche de Lalibela, toutes reliées par des tunnels et des passages secrets où il est très facile de se perdre sans guide… Ne pas oublier le monastère de Yemrhane Kristos, à une quarantaine de kms de Lalibela, avec son ossuaire de pèlerins et moines ermites. Le monastère creusé dans une roche, est entièrement caché des visiteurs non avertis.

Gondar et ses châteaux: première capitale sédentaire des rois d’Éthiopie au XVIe siècle, elle fut aussi un grand centre pour les Italiens lors de l’occupation de l’Éthiopie de 1936 à 1941.

Axoum et le massif du Gheralta, pour avoir un aperçu du Tigray, région à fort caractère. Ne pas rester plus d’une matinée à Axoum, il n’y a que le parc archéologique et les obélisques à voir…

Où dormir ?

En haut de la liste: le Lodge du Gheralta! A trois heures de voiture d’Axoum, c’est un endroit très agréable pour séjourner, se reposer avec les enfants et visiter les églises rupestres du massif du Gheralta. Le lodge est tenu par Silvio, un italien qui a grandi en Éthiopie mais qui a passé une grande partie de sa vie en Europe. En plus, il parle très bien le français, mais il faut impérativement réserver car il y a peu de chambres!

Le Kuriftu à Bahar Dar, sur le Lac Tana: joli hôtel-spa avec piscine surplombant le lac. Les tarifs sont intéressants car ils comprennent la demi-pension, une manucure et un massage par personne par jour. Idéal pour se reposer après la visite de Lalibela ou d’autres sites!

Où manger ?

Seven Olives à Lalibela, des plats différents des autres restaurants éthiopiens.

Le restaurant du lodge Gheralta: de l’excellente cuisine italienne, avec les produits de leur potager! Les enfants pourraient y manger midi et soir pendant des jours sans jamais s’en lasser!

2. Circuit du SUD (région des Nations et Nationalités du sud), 2 semaines

Etapes (voir carte) : Arba Minch, Dorze, Konso et la vallée de la rivière Omo

Addis-Arba Minch = 446 km, 8h de route sur une nouvelle route, assez bonne (passer par Butajira et non pas Debre Zeit, bien moins de circulation)
Arba Minch-Dorze : 25 km, excursion d’une demi-journée. 1 h de route avec un 4×4, la route monte et n’est pas goudronnée -sans 4×4 soit on n’y arrive pas, soit on transpire beaucoup !
Arba Minch-Konso = environ 3-4 h

Ce qu’on a aimé faire avec les enfants, nos endroits préférés

Découvrir les peuplades et tribus du sud: un itinéraire beaucoup plus touristique où il n’est pas rare de rencontrer des groupes de voyages organisés, mais la visite permet quand même d’avoir un aperçu de la vie de ces anciennes tribus, loin de toute modernité.

Voir plein d’animaux dans le parc national du Nechisar, à Arba Minch : zèbres en liberté, crocodiles du lac Chamo (toujours à Arba Minch), qu’on doit d’ailleurs traverser pour aller au parc national…

Où dormir ?

L’Aregash lodge à Yerga Alem: en général on y fait étape en allant vers le sud. Tenu par une famille gréco-italo-ethiopienne, on est logé dans des tukuls individuels (petites huttes typiques) très confortables et on y mange bien. Les jus de fruits frais du jardin (papaye, mangue, avocats) sont excellents!

Où manger ?

Le poisson grillé du lac à Arba Minch (on ne mange pas d’injera dans le sud, mais des galettes d’ensete, la plante qui ressemble à un bananier et qui ne produit pas de fruits)

3. Circuit de l’EST (Harar), 10 jours

Étapes (voir carte) : Dire Dawa et Harar, un peu de la France en Éthiopie!

Addis-Dire = 446 km, vol quotidien (ou 8 h de route, avec étape à Awash)
Dire-Harar = 56 km, 1h route

Ce qu’on a aimé faire avec les enfants, nos endroits préférés

Le Parc National d’Awash (une étape classique pour ne pas faire la route d’une traite depuis Addis Abeba) : se promener le long de la rivière pour apercevoir des crocodiles, aller observer les hyènes sortir de leur tanière au crépuscule, se baigner dans les sources chaudes de Filwoha ou encore tenter l’ascension relativement aisée du Mont Fantale, ancien volcan dont le cratère peut toujours se visiter.

S’arrêter à la gare de Dire Dawa, avec ses anciennes locomotives: les Français avaient construit la ligne de chemin de fer Addis Abeba-Djibouti au début du XXe siècle. Le train, qui mettait deux jours, ne fonctionne plus depuis quelques années. La gare de Dire Dawa est devenue un musée, où toutes les inscriptions sont encore en français. A voir aussi, l’alliance ethio-française de Dire Dawa, l’âme culturelle de la ville.

Se promener en tuk-tuk, dans les villes provinciales comme Bahar Dar, Dire Dawa et Harar…car ils sont interdits à Addis!

Découvrir Harar, un des grands centres historiques musulmans et la ville d’adoption du poète Arthur Rimbaud qui y a vécu pendant plusieurs années à la fin du XIXe siècle. Un musée a été ouvert à l’emplacement où il vivait, une exposition permanente retrace sa vie et quelques photographies prises par Rimbaud lui-même sont exposées. Incontournable, même si cela ne parle pas (encore) aux enfants! Autre trace de la France à Harar: la présence abondante de vieilles Peugeot 404! A côté de la maison de Rimbaud, le musée de la ville de Harar, où l’on peut admirer toute sorte d’objets: bijoux, costumes, armes, pièces de monnaie… Harar a aussi son attraction touristique : Mr Yosef, le dompteur de hyènes, présent tous les soirs à la porte de la ville pour nourrir les quelques hyènes qui y trainent et épater les visiteurs moyennant rémuneration! Ne pas hésiter à faire appel aux services d’un guide local pour explorer la vieille villle, à l’intérieur des murailles et découvrir ses trésors cachés.

Où dormir?

A Harar, dans l’une des deux maisons d’hôtes du vieux centre, tenues par deux soeurs et communément appelées Cultural Guest house. Idéal pour arpenter à loisir les ruelles de la ville…

A Aouache, dans le Parc National, au Awash Fall Lodge, lodge principal qui surplombe les discrètes chutes de la rivière. Le soir on y dîne, assis autour d’un feu de camp, de plats traditionnels de la région.

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Nourriture et repas

La nourriture éthiopienne ne nous est pas du tout familière et demande un temps d’adaptation! Pas d’assiette, pas de couverts: la nourriture est servie sur une grande galette appelée injera, faite à base de tef, la céréale locale qui ne contient pas de gluten (parfait pour ceux qui y sont allergiques!). On mange tous ensemble dans un plat unique et on utilise l’injera pour manger à la place des couverts. A conseiller: l’assortiment de légumes et les tibs (viande de boeuf marinée et grillée), les enfants adorent! Mieux vaut manger éthiopien, on a moins de risque d’etre malade car les aliments sont cuits plus longtemps, surtout en dehors de la capitale et des grands centres urbains. Le café, bien entendu, est excellent !

En dehors de la viande, des légumes, des galettes et du pain, il y a très peu d’aliments pour grignoter ce qui peut rendre les déplacements avec les enfants un peu difficiles. N’hésitez pas à emporter des biscuits longue conservation et du chocolat, ou à en acheter dans la capitale.

Dashen, à Addis Abeba, est le meilleur restaurant éthiopien de la ville.

Bon à savoir

La saison idéale pour y aller se situe pendant l’hiver européen, d’octobre à avril. Les mois de juin, juillet et aout sont à éviter, c’est la saison des pluies, il fait plutôt froid, humide et gris. L’automne est une période particulièrement agréable, quand tout est verdoyant et que le soleil ne tape pas trop fort. Les températures moyennes la journée s’élèvent rarement au-dessus de 25°, matinées et soirées sont fraîches en altitude.

Deux semaines peuvent convenir pour découvrir une région (le nord ou le sud), un mois pour visiter tout le pays. Cependant, au bout de 2 semaines, on commence à se fatiguer des conditions rudimentaires d’hébergement et de la nourriture… C’est à prendre en compte quand on prépare le voyage avec des enfants : le manque de confort peut être parfois difficile pour tous. On va en Éthiopie pour s’enrichir culturellement, il faut que les enfants soient en âge de l’apprécier et de pouvoir marcher. Notre dernier de 5 ans a réussi à nous suivre partout, sauf au sommet du massif Simien où nous ne sommes pas encore allés pour cette raison!
Parfois difficile aussi, le sentiment d’être toujours observés quand on se promène et être accostés dans les centres touristiques, gentiment, mais accostés quand même (les enfants réclament souvent de l’argent et des vêtements, même si les autorités l’interdisent).

Transports: ne pas se fier aux temps de trajet indicatifs de Google maps, la vitesse moyenne sur la route se situant en réalité entre 50 et 60 km/h… Autant que possible, avec des enfants, choisir l’avion pour les grandes distances. Les vols intérieurs sont opérés par Ethiopian Airlines, qui fonctionne très bien (une des seules compagnies africaines qui a le droit d’atterrir en Europe). On peut acheter les billets sur place à l’agence Ethiopian Airlines à Addis, ou en ligne mais c’est plus cher. De nombreuses agences de voyage sur place peuvent se charger d’organiser tous les transports par air et par route.
Pour les trajets par la route, l’idéal est de louer une voiture avec chauffeur. La conduite est vraiment stressante et le code de la route peu respecté –en particulier par les camions, surnommés “Al Qaeda” parce que conducteurs-suicide! Dans tous les cas, ne jamais rouler de nuit, pas de lumière et aucun recours en cas de problème. Il y très peu d’indications routières. Prévoir d’emporter des snacks, biscuits sucrés ou salés, car on ne trouve rien au bord de la route…sauf peut-être des fruits, mais comme il faut les désinfecter avant, on ne peut pas les manger tout de suite! Un conseil : apporter des snacks d’Europe, car même à Addis où il y a des supermarchés, le choix est hyper limité.

Santé et hygiène: En plus des vaccins “universels” à jour, faire tous les vaccins requis, à savoir fièvre jaune, DTP, méningite (tous les types), typhoïde, hépatite A et B. La méningite WY en particulier est récurrente dans certaines parties de l’Éthiopie. Désinfecter immédiatement les petites plaies et soigner les diarrhées. Il est recommandé de prendre de la malarone contre le paludisme pour voyager dans le sud et la vallée de l’Omo, en se protégeant des moustiques. Pour les autres régions, ce n’est pas nécessaire : il n’y a pas de moustiques à cause de l’altitude.
Les normes d’hygiène sont assez éloignées du standard occidental ! Pour vous, et surtout pour les enfants, ne prenez pas de risques avec la nourriture : mangez tout cuit, aucune crudité, pas de glaçons dans les boissons et bien sûr pas d’eau du robinet. Pensez à bien vous laver les mains avant les repas, éventuellement avec une lotion bactéricide.
Les médicaments non génériques à normes internationales sont souvent en rupture de stock en Éthiopie, mieux vaut les avoir avec soi: prévoir une trousse de médicaments complète pour pallier à la plupart des éventualités (petites blessures, intoxication alimentaire, infection, etc.), avec suffisamment de doses pour plusieurs membres de la famille. Fiche complète concernant la vaccination et adresses de médecin francophone et hôpitaux sur ce site et sur celui de France diplomatie.

Un visa touristique est nécessaire pour se rendre en Éthiopie. Il peut s’acheter facilement à l’arrivée à l’aéroport, moyennant la somme d’environ 20€ à payer (en euros ou en dollars).

A mettre dans la valise

-le seul guide complet en français: le Petit Futé Éthiopie édition 2014 ou, en anglais, le guide Bradt Ethiopia 2012
- le guide culturel de référence: Éthiopie
-une carte routière pour préparer son itinéraire
-crème solaire indice élevé impérative à cause de l’altitude à plus de 2500 mètres
-bonnes chaussures de marche
-pulls, pantalons longs et chaussettes (matins et soirs frais en altitude)
-un jeu de carte, des jeux de sociétés format voyage
-une trousse à pharmacie complète, à préparer avec votre médecin généraliste

Et bon voyage en famille en Éthiopie!

Un grand merci à Dominique, dont l’expérience éthiopienne est à suivre sur son blog Salambo in Addis

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